Victoza (liraglutide) : où en est ce médicament en 2026 en France ?
Victoza a longtemps été l’un des analogues du GLP‑1 de référence dans le diabète de type 2, avec un recul de plus de quinze ans et des données solides sur la glycémie et le risque cardiovasculaire. En France et en Europe, sa commercialisation est toutefois programmée pour s’arrêter d’ici fin 2026 pour des raisons essentiellement commerciales, ce qui impose d’anticiper la suite avec son médecin
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Qu’est‑ce que Victoza ?
Victoza est un médicament injectable contenant du liraglutide, un agoniste des récepteurs du GLP‑1 (glucagon‑like peptide‑1). Il se présente en solution à 6 mg/mL en stylos préremplis, administrée une fois par jour par voie sous‑cutanée, indépendamment des repas, toujours en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique adaptés.
Introduit en France en 2010 après une AMM européenne en 2009, Victoza a été le deuxième analogue du GLP‑1 autorisé dans l’Union européenne, après l’exénatide et avant le dulaglutide (Trulicity) puis le sémaglutide (Ozempic). Il appartient à la classe des « incrétinomimétiques », médicaments qui imitent les hormones intestinales impliquées dans la régulation de la glycémie.
Mécanisme d’action : comment agit le liraglutide ?
Le liraglutide se comporte comme une version prolongée de l’hormone GLP‑1, avec plusieurs actions complémentaires :
stimulation de la sécrétion d’insuline par le pancréas lorsque la glycémie est élevée ;
diminution de la sécrétion de glucagon, hormone qui augmente le sucre sanguin ;
ralentissement de la vidange gastrique, ce qui retarde l’absorption du glucose ;
action centrale sur la satiété, avec une réduction de l’appétit et des apports alimentaires.
On parle d’« incrétino‑mimétique », car Victoza augmente la quantité d’insuline libérée en réponse aux repas, sans déclencher de sécrétion d’insuline quand la glycémie est basse, ce qui limite le risque d’hypoglycémie en dehors des associations avec d’autres antidiabétiques.
Dans les grandes études, Victoza a permis :
une baisse d’HbA1c de 0,8 à 1,1 point selon la dose (1,2 ou 1,8 mg), supérieure à celle d’un sulfamide hypoglycémiant comme le glimépiride ;
une perte de poids modérée mais régulière chez les patients en surpoids, en lien avec la diminution de l’appétit ;
une réduction du risque d’événements cardiovasculaires majeurs chez des patients diabétiques de type 2 avec maladie cardiovasculaire établie.
Indications : qui était (et reste encore) concerné par Victoza ?
H3. Diabète de type 2, à partir de 10 ans
Victoza est indiqué pour le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, chez :
les adultes ;
les adolescents et les enfants à partir de 10 ans ;
en complément du régime et de l’exercice.
Il peut être utilisé :
en monothérapie, lorsque la metformine est inappropriée (intolérance, contre‑indication) ;
en association avec d’autres antidiabétiques (metformine, sulfamides, insuline basale, etc.) pour améliorer le contrôle glycémique.
Son intérêt clinique tient au double impact : amélioration de la glycémie (baisse d’HbA1c) et perte de poids modérée, chez des patients souvent en surpoids ou obèses.
Effet sur le poids : un « plus » chez le diabétique, pas une AMM minceur
Même si liraglutide est aussi la molécule de Saxenda (à dose plus élevée) pour la prise en charge de l’obésité, Victoza n’a jamais obtenu en France d’indication officielle comme médicament de perte de poids chez les non‑diabétiques. Les données de marché mentionnent un effet favorable sur le poids chez les diabétiques en surpoids, mais l’usage « off‑label » de Victoza pour maigrir en l’absence de diabète est resté très limité par rapport à Ozempic.
Victoza face aux nouveaux analogues GLP‑1 et aux agonistes GIP‑GLP‑1
Au fil des années, Victoza a vu arriver plusieurs concurrents dans la même famille :
dulaglutide (Trulicity), injection hebdomadaire ;
sémaglutide (Ozempic, puis Wegovy pour l’obésité) ;
tirzépatide (Mounjaro), agoniste GIP–GLP‑1 plus récent.
Ces nouvelles molécules ont souvent :
une fréquence d’injection plus pratique (hebdomadaire vs quotidienne) ;
une puissance glycémique supérieure et/ou une perte de poids plus importante ;
une place croissante dans les recommandations, en particulier chez les patients à haut risque cardiovasculaire ou présentant une obésité marquée.
Les analyses de marché soulignent que, malgré cette concurrence, Victoza est longtemps resté apprécié pour :
son recul clinique et la « confiance » acquise auprès des prescripteurs ;
ses données cardiovasculaires ;
sa capacité à améliorer à la fois la glycémie et le poids.
Mais la montée en puissance des injectables hebdomadaires comme Ozempic a finalement amené le laboratoire à recentrer sa production, au prix de l’arrêt graduel de Victoza.
Effets secondaires et risques
Effets indésirables fréquents
Le profil de tolérance de Victoza est désormais bien connu. Les effets les plus fréquents sont :
nausées ;
vomissements ;
diarrhée ;
constipation ;
douleurs ou inconfort abdominal.
Ces troubles digestifs surviennent surtout au début du traitement et lors des augmentations de dose, puis ont tendance à diminuer avec le temps. Ils sont aussi l’une des raisons pour lesquelles certains patients préfèrent ou non une molécule donnée dans cette classe.
On observe également :
une diminution de l’appétit ;
parfois une légère perte de poids ;
des réactions au site d’injection ;
une légère augmentation de la fréquence cardiaque.
Effets indésirables graves possibles
Les risques plus sérieux, mais rares, sont comparables aux autres analogues GLP‑1 :
pancréatite aiguë (douleur abdominale intense, persistante) ;
complications biliaires (lithiase, cholécystite) ;
aggravation ou apparition de rétinopathie diabétique chez certains patients, notamment en cas d’amélioration rapide de la glycémie ;
réactions d’hypersensibilité sévères.
Les données animales ont aussi mis en évidence un signal sur le carcinome médullaire de la thyroïde, comme avec d’autres GLP‑1, d’où la prudence chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de ce type de cancer ou de néoplasies endocriniennes multiples.
Arrêt programmé de Victoza : ce que cela change concrètement
Une décision commerciale, pas un retrait de sécurité
L’EMA et le laboratoire ont annoncé l’arrêt de commercialisation de Victoza dans l’Union européenne d’ici fin 2026, France comprise. L’agence précise que cette décision est motivée par des raisons commerciales (réallocation des capacités de production vers des analogues plus récents), et non par un signal de sécurité ou de qualité.
En France, la fin de commercialisation est prévue pour la fin 2026 ; d’ici là, les risques de tensions d’approvisionnement sont déjà anticipés, ce qui explique les recommandations adressées aux professionnels de santé.
Consignes aux médecins et aux patients
Les autorités et le laboratoire recommandent aux soignants :
de ne plus initier de nouveaux traitements par Victoza ;
d’informer les patients actuellement traités de l’arrêt à venir ;
d’anticiper un traitement de remplacement (autre analogue GLP‑1, association insuline + liraglutide, autre classe d’antidiabétiques).
Le liraglutide reste disponible via :
Xultophy (association insuline dégludec + liraglutide) pour le diabète ;
Saxenda 6 mg/mL pour l’obésité et le surpoids avec comorbidités.
D’autres spécialités de liraglutide ont une AMM en France mais ne sont pas commercialisées à ce jour.
H2. Victoza, Saxenda, tirzépatide : comment s’y retrouver en 2026 ?
Tableau repère
| Marque | Molécule | Indication principale | Situation en 2026 (France/UE) | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Victoza | Liraglutide (GLP‑1) | Diabète de type 2 (adultes, ≥ 10 ans) en complément du régime et de l’exercice | Commercialisation en cours d’arrêt, fin 2026 ; ne plus initier de nouveaux patients | Recul long, données CV solides, injection quotidienne |
| Saxenda | Liraglutide (GLP‑1) | Obésité et surpoids avec comorbidités (adulte, ado, enfant sélectionné) | Disponible, non remboursé, injection quotidienne | Dose plus élevée, médicament de perte de poids |
| Mounjaro | Tirzépatide (agoniste GIP–GLP‑1) | Diabète de type 2, gestion du poids (obésité/surpoids avec comorbidités) | Disponible, remboursement surtout pour le diabète | Pertes de poids supérieures, injection hebdomadaire |
Questions fréquentes des patients sur Victoza
Vais‑je devoir arrêter Victoza si je suis traité avec ?
Oui, mais pas dans la panique. La recommandation est de ne plus débuter de nouveaux traitements et d’anticiper, pour les patients déjà sous Victoza, une transition vers un autre schéma thérapeutique avant fin 2026. L’arrêt doit se faire de manière organisée avec votre médecin, pour éviter une dégradation de l’équilibre glycémique.
Par quoi peut‑on remplacer Victoza ?
Les options dépendent de votre profil : autre GLP‑1 (dulaglutide, sémaglutide), association insuline + liraglutide (Xultophy), autres classes d’antidiabétiques, ou parfois intégration d’un agoniste GIP–GLP‑1 comme le tirzépatide. Le choix tient compte de votre HbA1c, de votre poids, de votre risque cardiovasculaire, de votre fonction rénale et de vos préférences (quotidien vs hebdomadaire, etc.).
Victoza est‑il encore « sûr » jusqu’à son arrêt ?
Les autorités ne signalent pas de problème nouveau de sécurité ; le retrait est motivé par des arbitrages industriels et la montée en puissance d’autres GLP‑1. Tant qu’il est disponible, Victoza reste utilisé dans son cadre d’AMM, avec les précautions habituelles de surveillance.
Victoza était‑il un médicament de perte de poids ?
Officiellement, non : l’indication de Victoza est le diabète de type 2. C’est Saxenda (même molécule à dose plus forte) qui est l’AMM spécifique « chronic weight management » ; les analyses de terrain montrent que l’usage off‑label de Victoza pour maigrir a été limité, surtout au regard d’Ozempic.
Comment parler de Victoza avec son médecin en 2026 ?
Si vous êtes actuellement traité par Victoza :
prenez rendez‑vous (sans urgence disproportionnée) pour faire le point sur votre diabète, votre HbA1c, votre poids, vos autres traitements et vos antécédents cardiovasculaires ;
demandez quelles sont les alternatives réalistes dans votre situation (autre GLP‑1, association fixe, ajout ou remplacement par un autre antidiabétique, éventuellement un agoniste GIP–GLP‑1 comme le tirzépatide) ;
discutez du calendrier : à quel moment il est pertinent de basculer, comment adapter les doses, quels examens ou contrôles prévoir pendant la transition ;
si vous aviez constaté un effet favorable sur votre poids avec Victoza, signalez‑le : cela peut orienter le choix vers une molécule à profil pondéral proche ou supérieur.
Victoza a été un jalon important dans le traitement du diabète de type 2. Le mouvement qui consiste à le remplacer par des molécules plus récentes ne remet pas en cause ce qu’il a apporté ; il s’agit plutôt d’une nouvelle étape dans l’évolution des traitements, à accompagner sereinement, avec un suivi médical structuré.




















