Après le sémaglutide, le tirzépatide (Mounjaro) s’est imposé comme une référence en matière de perte de poids, avec des résultats supérieurs à ceux de son prédécesseur. Mais une nouvelle molécule, le rétatrutide, développée elle aussi par Eli Lilly, pousse encore plus loin les limites de cette classe de traitements. Comparaison détaillée entre ces deux peptides.
Deux mécanismes proches, mais pas identiques
Le tirzépatide et le rétatrutide appartiennent tous deux à la famille des agonistes des récepteurs incrétiniques, mais leur mode d’action diffère par le nombre de récepteurs ciblés.
Le tirzépatide est un agoniste double : il active simultanément les récepteurs GLP-1 et GIP. Le GLP-1 réduit l’appétit et prolonge la satiété, tandis que le GIP améliore la sensibilité à l’insuline et participe à la régulation de la glycémie.
Le rétatrutide va un cran plus loin en ajoutant un troisième mécanisme : l’agonisme du récepteur du glucagon. Cette action supplémentaire augmente la dépense énergétique au repos et accélère la lipolyse, c’est-à-dire la dégradation des graisses stockées, notamment au niveau viscéral. C’est cette troisième voie qui distingue fondamentalement le rétatrutide du tirzépatide et qui explique l’essentiel de l’écart d’efficacité observé entre les deux molécules.
Des résultats cliniques en faveur du rétatrutide
Les essais de phase 3 menés pour chacune des deux molécules donnent une idée assez claire de l’écart de performance :
- Tirzépatide (essai SURMOUNT-1) : environ -20,9 % de perte de poids à 72 semaines
- Rétatrutide (essai TRIUMPH-4) : jusqu’à -28,7 % de perte de poids à 68 semaines, à la dose maximale
Le rétatrutide affiche donc un gain d’efficacité notable par rapport au tirzépatide, malgré une durée de traitement légèrement plus courte dans les essais correspondants. Ce résultat confirme l’hypothèse selon laquelle chaque récepteur supplémentaire activé se traduit par un bénéfice mesurable sur la perte de poids.
Contrôle glycémique : deux profils solides
Sur le plan du contrôle de la glycémie, les deux molécules affichent de bons résultats chez les patients diabétiques de type 2. Le tirzépatide s’est déjà distingué par un excellent profil glycémique, ce qui en fait un traitement de choix pour cette population. Le rétatrutide, grâce à sa triple action, présente un profil théoriquement encore plus favorable : le GLP-1 stimule la sécrétion d’insuline de façon glucose-dépendante, le GIP améliore la sensibilité à l’insuline dans les tissus adipeux et musculaires, et l’action du glucagon vient compléter cet effet métabolique global. Les essais de phase 3 dédiés au diabète de type 2, comme TRANSCEND-T2D-1, ont confirmé des réductions marquées du taux d’HbA1c.
Tolérance et effets secondaires
Les effets indésirables les plus fréquents restent similaires pour les deux traitements : nausées, troubles digestifs et inconfort gastro-intestinal, en particulier durant la phase de montée en dose. Certaines données font état d’une fréquence de nausées légèrement inférieure avec le tirzépatide comparé au rétatrutide, ainsi que de cas de dysesthésies (sensations cutanées anormales) rapportés aux doses les plus élevées de rétatrutide. Dans l’ensemble, les profils de tolérance des deux molécules restent considérés comme comparables et gérables dans un cadre de suivi médical.
Statut réglementaire : un avantage net pour le tirzépatide
C’est ici que la comparaison bascule clairement en faveur du tirzépatide. Commercialisé sous les noms Mounjaro (diabète de type 2) et Zepbound (gestion du poids), il bénéficie déjà d’une autorisation de mise sur le marché dans plusieurs pays, dont les États-Unis et l’Union européenne.
Le rétatrutide, à l’inverse, est encore en développement clinique, dans le cadre du programme d’essais TRIUMPH. Il n’est approuvé dans aucun pays à ce jour, et sa commercialisation, si les résultats se confirment, n’est pas attendue avant plusieurs années.
En résumé
| Tirzépatide | Rétatrutide | |
| Récepteurs ciblés | GLP-1 + GIP | GLP-1 + GIP + Glucagon |
| Perte de poids moyenne | ~20,9 % | ~24-28,7 % |
| Contrôle glycémique | Excellent | Théoriquement supérieur |
| Statut réglementaire | Approuvé (Mounjaro/Zepbound) | En essais cliniques |
Le rétatrutide s’annonce comme une évolution logique après le tirzépatide, avec des résultats encore plus marqués grâce à son mécanisme triple action. Mais tant que la molécule n’aura pas achevé son parcours clinique et réglementaire, le tirzépatide reste l’option la plus aboutie et la plus accessible pour les patients suivis dans le cadre d’une prise en charge médicale du poids.
Cet article a un objectif purement informatif et ne constitue pas un avis médical. Toute décision thérapeutique doit être prise en concertation avec un professionnel de santé.